Le jour de Noël, il y a déjà presque 15 jours de cela,
c’est le même texte d’Evangile que nous avons médité.
Ce matin j’aimerais partager avec vous un message
Différent de celui que j’ai donné le jour de Noël.
Ce récit des mages est tellement riche de sens
Qu’il pourrait du reste encore inspirer bien d’autres messages.
En ce premier dimanche de janvier,
nous cherchons peut-être une parole
Qui donne une orientation à cette année nouvelle.
Le chemin vers le Christ de ces personnages
un peu mystérieux que sont les mages
pourrait bien nous faire entendre quelque chose
Car les mages sont mis en scène dans ce récit
de telle sorte que tout être humain
peut d’une manière ou d’une autre
se retrouver ou se reconnaître en eux.
Je dis cela pour une raison très simple :
C’est qu’on ne sait pas très bien qui étaient ces mages
Dont Matthieu nous fait le récit.
Et comme c’est le seul des quatre Evangile
Qui parle des mages, on ne trouvera pas de précisions
ailleurs dans les Evangiles.
Or justement, c’est ce peu de chose que nous savons
De ces personnages qui font route vers Jésus,
Qui fait que chacun peut s’ y retrouver.
Bien sûr les historiens nous livrent des informations intéressantes,
Sur ce que pouvaient être les mages dans l’Antiquité.
Principalement, ces personnages étaient
en Perse, mais aussi en Chaldée ou en Egypte,
des gens religieux, des chercheurs de sens, et des homes de sagesse.
Ce qu’ils faisaient les uns ou les autres
dépendait des lieux, et des compétences de chacun.
Mais ce qui va nous intéresser le plus ce matin,
C’est que ces hommes venaient de l’orient, du levant,
C’est à dire d’une terre lointaine.
L’orient, le levant, dans la bible, c’est à la fois très vaste, et très vague.
C’est d’abord le lieu où le soleil se lève
et va éclairer en l’espace d’un jour toute l’humanité.
C’est aussi une image des peuples de toute la terre.
Je rappelle ici que dès le début de la Bible
l’orient désigne l’endroit où Dieu planta le jardin d’Eden,
autrement dit tout lieu où habite l’être humain.
J’aimerais dire maintenant pourquoi
leur origine lointaine, étrangère est importante.
Au moment où Matthieu rédige son évangile,
nous sommes autour des années 80 après JC,
c’est à dire à une période où les chrétiens
n’étaient plus seulement issus du judaïsme,
mais où l’Evangile avait atteint des contrées dites païennes
comme la Macédoine et la Grèce.
Et dans ce contexte, Matthieu
qui écrit son Evangile à des gens qui sont principalement issus du judaïsme,
Veut transmettre le message que tous les humains,
De quelque origine qu’ils soient
ont toute leur place dans la communauté chrétienne,
et cela de manière parfaitement légitime.
C’est ainsi que les mages de notre récit deviennent un peu
des miroirs dans lesquels nous pouvons découvrir
quelque chose de nous-mêmes.
Nos origines aux uns et aux autres sont diverses,
et peut-être même que nous nous demandons quelque fois
d’où nous venons les uns et les autres.
Nous sommes ici avec notre histoire singulière
Nous formons une communauté qui chemine dans cette diversité.
Et comme chacun des mages a trouvé sa place
dans la maison où se trouvait Jésus,
et au-dessus de laquelle l’étoile s’est arrêtée.
Il y a dans la communauté chrétienne que nous formons,
Un accueil et une place pour chacun.
Il n’y a pas d’élite dans une Eglise,
Personne ne peut prétendre à une place de choix,
Et s’il y avait une place de choix,
Ce serait celle qui consiste à faire bon accueil à ceux
Qui cherchent encore leur place parmi nous.
Quand les mages arrivent dans la maison où se trouve l’enfant,
Il est question de joie, d’accueil,
de rencontre, d’adoration, de dons.
Et tout dans un climat de simplicité, de recueillement.
Ce qui nous rejoint en plein cœur,
C’est que des personnes s’approchent
de cet enfant désigné par l’étoile comme le roi des juifs.
Alors que justement
Ils sont originaires de partout et de nulle part,
Et ils sont les bienvenus dans cette modeste
maison de Dieu, ou encore maison du roi.
Une maison où aujourd’hui encore
tous les humains, d’où qu’ils viennent,
Peuvent s’il le veulent bien,
Se laisser accueillir et s’approcher en toute simplicité
Du seigneur, le maître des lieux.
Son accueil n’est pas sélectif, pas besoin de concours pour accéder à lui.
Je vous souhaite ainsi une année
qui ne soit pas forcément faites de coups d’éclats,
Mais qui vous permette au quotidien,
Qui que vous soyez,
D’où que vous veniez,
D’approcher en toute simplicité
Le Seigneur qui vous accueille.
Je crois que c’est possible si nous continuons d’apprendre
A nous accueillir les uns les autres
Comme le Christ nous a lui-même accueillis.