Chers amis,
Je suis chargé ce matin de m’adresser à vous avec les mots de celui qui « balbutie » dans une nouvelle paroisse. Malgré cela, j’ai préparé ce message que la Parole de Dieu qui nous est commune et que nous partageons ce matin allait davantage nous donner un sentiment de fraternité que d’étrangeté les uns aux autres. Cette Parole du reste fait son chemin grâce à l’Esprit de Dieu sans lequel un pasteur n’aurait plus grand chose à dire. Sans doute que mon prédécesseur qui nous fait l’amitié d’être ici ce matin sera d’accord avec moi.
Concernant le message que j’aimerais vous apporter ce matin, Je pense qu’au moment de choisir les lectures bibliques de ce jour, ceux qui l’ont fait ne se doutaient pas que le texte de l’Evangile allait s’adapter aussi bien avec le culte de rentrée de notre paroisse. Nous qui sommes réunis aujourd’hui, adultes, jeunes et enfants, dans la présence du Seigneur Jésus-Christ, voilà que nous entendons justement un récit qui rassemble Jésus, des adultes et des enfants.
Peut-être que nous avons le plus souvent entendu ce récit au moment d’un baptême ou d’une présentation d’enfant, mais je pense que l’entendre aujourd’hui peut nous apporter un éclairage intéressant. Si je le dis, c’est que j’aimerais partager avec vous en ce jour de rentrée ce qui me semble être important à la fois dans ce récit et dans l’occasion qui nous réunit.
Ce qui déclenche tout ce qui se passe dans ce récit, c’est l’initiative que prennent des gens de se déplacer pour se rendre auprès de Jésus, en l’occurrence avec des enfants, mais c’est le déplacement que je souligne ici. Car tous les mouvements de rencontre entre Jésus et d’autres personnes ne se font pas dans l’Evangile de la même manière : tantôt Jésus prend l’initiative de la rencontre, tantôt celle-ci est accidentelle, tantôt il s’agit comme dans le récit de ce matin d’un déplacement volontaire et réfléchi.
Il me semble qu’en cette période de rentrée, la vie de la paroisse de Saint Quentin en Yvelines est particulièrement concernée et touchée par la question du déplacement.
Je pense bien sûr à l’aspects des déplacements physiques, corporels, nécessaires au rassemblement de la communauté. Si vous êtes là ce matin, et quand vous rejoignez le culte dans l’un des endroits où il est célébré, pour bon nombre d’entre vous ce n’est pas la porte à côté. La vie et la cohésion spirituelle de la communauté semblent être à ce prix. Ces déplacements géographie si je comprends bien font partie de vie de la paroisse, et vont encore prendre à l’avenir une tournure différente.
Au delà de la géographie de la paroisse, je pense aussi ce matin aux déplacements relationnels qui vous concernent au moment où en tant que paroisse de Saint Quentin en Yvelines vous vivez votre premier changement de pasteur.
Vous me direz que le déplacement est d’abord pour moi qui ai répondu à l’appel de votre Conseil, et qui vous ai rejoints. C’est vrai, je suis le premier à m’identifier à ces gens qui cheminent vers le Christ dans notre récit de ce matin, qui ne savent pas forcément vers quoi ils vont, mais qui s’attendent à une bénédiction.
Mais je pense également à vous qui allez aussi vivre en tant que communauté une période d’adaptation. Or pour nous adapter les uns aux autres, il va nous falloir sur le plan relationnel, spirituel, cheminer, nous déplacer les uns vers les autres, et cheminer ensemble vers le Seigneur qui veut nous bénir, nous consolider, et j’ose dire aussi, puisque l’expression se trouve dans le récit de ce matin, nous prendre dans ces bras, nous porter selon les besoins qui sont les nôtres aujourd’hui, et ceux de la communauté tout entière.
Voilà pour ce qui concerne les déplacements auxquels nous sommes appelés les uns et les autres : ils ont à la fois une dimension d’exigence (ça coûte de se déplacer) et une dimension de promesse (celle d’une bénédiction).
J’aimerais ici apporter une précision sur la condition de la promesse qui nous est faite ce matin : le royaume des cieux dit Jésus appartient à ceux qui sont comme les enfants. On a souvent cherché mille qualités qui seraient celles des petits enfants et que nous devrions faire valoir pour obtenir le Royaume. Or au contraire il me semble, les enfants que l’on amène à Jésus n’ont rien à faire valoir. Il n’est pas écrit « enfant sage » sur leur front, pas plus que sur le nôtre. Le récit nous les montre au contraire vulnérables, démunis, portés par d’autres qu’eux-mêmes, et accueillis tels quels par Jésus, dans une totale dépendance.
Nous avons certainement ici le modèle même de ce que nous sommes appelés à vivre ensemble. Nous ne ferons rien, nous ne pourrons rien faire en direction du Royaume sans nous laisser porter les uns et les autres par le Seigneur Jésus-Christ. Je vous ainsi engage ainsi, communauté, Conseil, pasteur, à continuer d’avancer solidaires les uns des autres, tous démunis et dépendants des forces que nous donnera l’Esprit de Dieu.
Amen.