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Prédication du dimanche 03 octobre 2004 au CAP St Jacques par le pasteur Daniel Chaillou
Textes : Ps 95 - Deut. 11, 1-17 - Philip. 4, 6-9 - Jean 4, 31-38

Le récit que nous avons lu à l'instant dans l'évangile de Jean, fait suite à la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine au bord du puits de Jacob. C'est au moment où les habitants de Sychar alertés par cette femme, se précipitent auprès du Rabbin juif pour en savoir plus sur son messianisme. Les disciples aussi sont déjà revenus du village avec tout ce qu'il faut pour déjeuner et reprendre des forces à mi journée, avant de repartir en direction de la Galilée. Mais ils ne comprennent pas pourquoi tout à coup leur Maître semble ne plus avoir faim. Lui a-t-on déjà apporté à manger en leur absence ?

La soif et la faim sont des besoins physiques qui nous tenaillent plusieurs fois par jour. Est-il bien nécessaire d'en faire tout un plat ?
Les disciples s'étonnent de voir Jésus refuser de s'alimenter en pleine journée, alors que la route est encore longue et fatigante sous le soleil de Samarie.
De même que la femme au bord du puits s'étonnait l'heure d'avant que Jésus, un homme juif ose lui demander à boire.
A chacune des remarques faîte par ses interlocuteurs Jésus les entraînent dans une réflexion toute spirituelle. La soif et la faim n'interviennent que pour amorcer le dialogue et introduire des commentaires de haute théologie. La femme Samaritaine découvre la source d'eau vive alors qu'elle venait simplement remplir sa cruche pour la journée. Les disciples vont apprendre que jeûner ou déjeuner participe au même principe d'une autre nourriture qui est de faire la volonté de Dieu. Ces approches, même si elles sont familières dans le contexte religieux de l'époque, surprennent pourtant par la soudaine présence du Messie en personne et de l'irruption de son Règne dans la vie de ces premiers témoins.

Partant de cette constatation, nous pouvons affirmer deux choses : Premièrement Jésus nous montre comment, au milieu même de toutes nos occupations les plus banales, futiles et quotidiennes, l'attente et la présence messianique sont bien réelles. Ainsi, lorsque je pars en quête de nourriture, il n'est pas impensable que je me trouve soudainement devant la question fondamentale de mon existence.
Deuxièmement, à la suite du Christ, je m'avance vers une plus grande recherche de la volonté de Dieu. Ce doit être une préoccupation en continuité comme la recherche de nourriture.

Comme les premiers disciples, nous sommes trop souvent gagnés par le scepticisme, nous n'avons pas suffisamment de foi, voire pas du tout. Nous nous préoccupons de cette nourriture-ci en oubliant qu'il y a en nous-mêmes et autour de nous une dimension tout autre. Nous ne réalisons guère qu'en Jésus-Christ le Royaume s'est approché au point de faire irruption dans ce temps-ci, dans notre quête même de la vie.

Rien d'étonnant que Jésus exhorte ses amis à lever les yeux pour regarder plus loin que l'horizon immédiat et discerner par avance l'avancement de la moisson : " Encore quatre longs mois avant la récolte du froment, dîtes-vous ? et bien moi je vous dis, levez les yeux et regardez bien, déjà les céréales jaunissent, c'est bientôt la moisson. "
Illusion ! diront certains.
Non ! espérance et foi affirment, hier et aujourd'hui, les disciples de Jésus, tout en mesurant ce que cette attitude demande de confiance, de persévérance, de jeûne et de prière.
Nous voici attelés à cette quête de la volonté de Dieu et de la vie que lui seul peut nous donner.
Prenons en conscience jour après jour, sans nous décourager puisque le Maître est là sur notre chemin. Il nous y précède et nous invite sans cesse à lever les regards afin d'apercevoir à l'avance, les récoltes qui se préparent.
Oui ! décidément notre espérance est unique et grande en Jésus le Messie.